NON à la discrimination positive

Une fois de plus, Simone Veil nous prouve qu’elle est une référence morale, en refusant de cautionner le principe de discrimination positive cher à Nicolas Sarkozy, comme à son épouse.

Avec un père ouvrier et ayant grandi en milieu rural, je sais toute la difficulté qu’il peut y avoir à échapper à la "fatalité" de son milieu social et à intégrer une classe préparatoire, puis une grande école.

Mais le concept et les termes même de discrimination positive m’ont toujours "hérissé" pour plusieurs raisons :

1/ L’expression elle-même est tout sauf heureuse. Le mot "discrimination" a pour moi une connotation négative, trop souvent associée à des épisodes douloureux de l’histoire.

2/ Ce concept ne fait que renforcer et conforter l’idée de discrimination en établissant des critères de sélection et en induisant le doute quant aux capacités réelles des candidats au travail qui aurait pu bénéficier d’un tel dispositif durant leurs études.

3/ L’idée est propre à exacerber le communautarisme et renforcer le ressentiment entre différentes parties de la population. Allez donc expliquer à une population rurale défavorisée et trop souvent ignorée, que l’on va aider plus particulièrement des jeunes sur la base de critères ethniques ? Autant faire le lit de l’extrème droite et renforcer le racisme rampant qui nous gangrène.

4/ Enfin parceque cette idée, à l’image de l’annonce faite hier par le Président de 30 % d’élèves boursiers en classes préparatoires (qui est de la discrimination positive …), ne répond pas au problème de fond : Assurer l’égalité des chances. C’est en amont que se construit la réussite scolaire et sociale d’une personne, et sans éducation correcte dès sa plus petite enfance, un enfant issu de milieu populaire n’aura malheureusement jamais aucune chance d’espèrer intégrer un jour ces fameux 30 % …

Si j’ai pu réussir dans la vie, c’est grâce à deux choses : l’amour et le support indicible de mes parents tout au long de ma scolarité et l’école républicaine qui m’a donné la chance, notamment grâce au système des bourses, d’intégrer une classe préparatoire.

Le mot de la fin revient à ce titre à Xavier Darcos qui a déclaré récemment que l’important "ce n’est pas d’amener 80% d’une classe d’âge au niveau du bac mais d’assurer la réussite de tous ses élèves", et notamment avoir 100 % de personnes sachant lire et écrire. J’espère qu’il saura mener à bien cette entreprise …

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